Réduction mammaire Brabant Wallon et Bruxelles

Opération de réduction mammaire et mastopexie – Tout ce qu’il faut savoir

Pratiquant les opérations de réduction mammaire et de mastopexie depuis plus de 30 ans, je reçois de nombreuses questions concernant ces deux types d’opération de chirurgie mammaire.

Bien que ces deux opérations aient de nombreuses similarités, il convient dans un premier temps de bien faire la distinction entre la réduction mammaire et la mastopexie.

 

Quelle est la différence entre une opération de réduction mammaire et une mastopexie?

Une opération de réduction mammaire est une intervention chirurgicale qui permet de remonter les seins et de diminuer leur volume. Elle s’adresse donc aux femmes qui ont des seins trop volumineux et tombants.

Le terme mastopexie est quant à lui plutôt réservé aux seins de taille modérée mais situés trop bas. Il s’agit donc de pratiquer une « remontée des seins ».

Normalement, le mamelon se trouve entre 20 et 24 cm du creux sus sternal. Bien sûr, cette distance varie en fonction de la taille de la patiente.

Mastopexie
Mastopexie
Reduction mammaire
Opération de Réduction mammaire

Pourquoi recourir à une opération de réduction mammaire ?

Des seins trop lourds entraînent des dorsalgies et les bretelles du soutien-gorge peuvent provoquer des douleurs au niveau des épaules. Ces symptômes sont d’autant plus marqués lorsque le bonnet du soutien atteint des tailles E, F voire G !

Ces femmes rencontrent également de gros problèmes pour trouver un soutien adapté à leur morphologie.

La ptose, affaissement de seins, accompagnée ou non d’une hypertrophie mammaire, peut entraîner de l’irritation sous-mammaire, voire de la macération.

Cette situation peut provoquer de gros complexes et des railleries, principalement pendant la période scolaire. Par après, le milieu du travail peut également accentuer ce malaise.

Quelles sont les causes de l’hypertrophie mammaire?

On ne connait pas la cause d’une hypertrophie mammaire. Elle peut être souvent héréditaire. Elle n’est pas accompagnée systématiquement d’un excès pondéral. Il existe des femmes obèses avec de petits seins et d’autre part, des femmes minces avec de gros seins. Dans de rares cas, un dérèglement hormonal peut être la cause d’une hypertrophie mammaire.

Y a-t-il d’autres solutions qu’une opération de réduction mammaire?

Pour la ptose, on trouve dans la presse des solutions « miracles » qui ne sont pas sérieuses. La pratique d’exercices musculaires pour développer les pectoraux, le massage des seins et  l’utilisation de douche froide n’ont jamais pu remonter des seins !

Il n’existe pas de médicaments pour diminuer le volume des seins et encore moins pour les remonter. Un régime hypocalorique peut entraîner une diminution du volume des seins mais malheureusement elle sera accompagnée d’une augmentation de la ptose…

À quel âge peut-on réaliser une opération de réduction mammaire ?

Tous les âges sont permis. Ce qui compte c’est l’importance de la gêne due à l’hypertrophie ou à la ptose.

Personnellement je regrette encore d’avoir refusé d’opérer une fillette de 8 ans qui présentait déjà des seins hypertrophiques. Elle est revenue l’année suivante à ma consultation avec les deux seins toujours hypertrophiques mais pendants et recouverts de vergetures très rouges. Je l’ai opérée mais malheureusement de nombreuses vergetures sont restées visibles…

À l’autre extrême, j’ai également réalisé des opérations de réduction mammaire chez des femmes âgées (80 ans) qui souffraient beaucoup des épaules et du dos.

La réduction mammaire est-elle remboursée par la mutuelle?

Avant 2016, il était aisé d’obtenir l’intervention de la mutuelle dans cette opération. Il suffisait d’avoir un soutien avec minimum un bonnet D. Malheureusement en Belgique, depuis le mois de mai 2016, pour obtenir une intervention de la mutuelle, le chirurgien doit s’engager à enlever minimum 400g par sein !

Le terme réduction mammaire n’est donc utilisé que pour les cas où la réduction de la glande mammaire est importante. Tous les autres cas, plus modérés ou minimes, sont désormais appelés mastopexieCette intervention considérée comme esthétique n’est pas remboursée par la mutuelle et est en plus soumise à la TVA (21%).

Quelles sont les différentes techniques chirurgicales?

Le but de la chirurgie est de diminuer le volume avec une remontée de la plaque aréolo-mamelonnaire, tout en obtenant une forme de sein harmonieuse avec le corps de la patiente. On essaiera également de garder de la glande mammaire sous la plaque aréolo-mamelonnaire permettant ainsi à la femme d’encore allaiter.

Il existe différentes techniques chirurgicales avec des cicatrices différentes. Quelle que soit la technique choisie, il y aura toujours une cicatrice autour de l’aréole qui devra être déplacée vers le haut.

Ensuite, nous aurons une cicatrice verticale, en dessous de l’aréole, de longueur variable.  Dans la technique dite verticale, elle sera plus longue mais il n’y aura pas de cicatrice horizontale. Je réserve cette technique aux petites mastopexies.

Quand il s’agit de véritables réductions mammaires, il conviendra de faire également une cicatrice horizontale dans le sillon sous mammaire (en ancre). Personnellement, je préfère cette technique qui permet de garder le résultat à long terme. Pour être complet, il convient de signaler qu’il existe aussi des chirurgiens qui se contentent d’une seule cicatrice périaréolaire, accompagnée d’une liposuccion. Cette technique donne malheureusement des seins plats avec de multiples plis « en soleil » autour de l’aréole.

Enfin, dans les cas d’hypertrophie mammaire majeure avec une ptose de l’aréole de plus de 35 cm, on sera amené à faire l’opération de réduction mammaire en T inversé avec greffe de l’aréole (technique de Thorek), vu le risque trop important de nécrose de celle-ci. Avec cette technique, l’allaitement ne sera plus possible mais elle s’adresse de préférence aux femmes âgées.

Réduction mammaire en T
Réduction mammaire en T

 

Comment évoluent les cicatrices suite à une opération de réduction mammaire?

La qualité des cicatrices dépend du chirurgien mais surtout de l’aptitude de la patiente de bien cicatriser. On peut ainsi obtenir des cicatrices quasi invisibles et d’autres hypertrophiques voire chéloïdiennes, c’est-à-dire bosselées, boursouflées ou striées.

Au départ, les cicatrices doivent être fines et ne pas montrer les points de suture. Normalement, tous les plasticiens utilisent des sutures endodermiques avec les fils de sutures invisibles car situés dans le derme.

Par après, chez tout le monde, la cicatrice passe par une période d’épaississement et de rougeur qui peut durer plusieurs mois. De même, des fils résorbables situés en profondeur peuvent être rejetés à travers la cicatrice entraînant un petit nodule rouge sensible. Nous assistons ensuite à une diminution de l’épaisseur, accompagnée par un changement de couleur plus pâle. Il faut se donner un an pour juger de la qualité de la cicatrice.

C’est la cicatrice péri-aréolaire, présente dans toutes les techniques de réduction mammaire, qui sera la plus visible. La forme du sein va également évoluer avec le temps. Tout au début, la glande mammaire semble être trop haute et le pôle inférieur du sein est déshabité. Après quelques semaines, le sein présentera une forme plus harmonieuse.

Quelles sont les complications de la chirurgie de réduction mammaire? 

1) Hématome

L’hématome est la complication la plus fréquente qui se caractérise par une zone plus bleutée et parfois douloureuse.

Il peut s’accompagner d’une petite fonte graisseuse qui entraînera un écoulement d’un liquide rosé par la partie inférieure de la cicatrice verticale.

Rarement, une nouvelle intervention chirurgicale peut être nécessaire pour évacuer un hématome très volumineux.

2) Nécrose cutanée

La nécrose cutanée peut survenir lorsque la distance entre la fourchette sternale et le mamelon est très importante et chez les femmes qui fument. Le plus souvent, c’est la plaque aréolo-mamelonnaire qui sera atteinte avec éventuellement la graisse sous-jacente. Dans les cas de nécrose importante, il conviendra de l’enlever sous anesthésie générale pour raccourcir le temps de cicatrisation.

3) Infection

Elle est très rare et si elle survient, elle accompagnera une nécrose du tissu mammaire. Le traitement sera assuré par la prise d’antibiotiques et surtout par le parage du tissu nécrosé.

4) Insensibilité

Le plus souvent, l’insensibilité est transitoire. La sensibilité revient après plusieurs mois mais dans les cas de réductions mammaires très importantes, les aréoles peuvent rester insensibles.

À noter que la sensibilité des aréoles dans les hypertrophies mammaires importantes est souvent déjà diminuée.

5) Malposition des aréoles

La malposition des aréoles ne devrait pas arriver mais elle résulte le plus souvent d’opérations réalisées par des chirurgiens inexpérimentés.

L’erreur la plus fréquente est de placer l’aréole dans une position trop interne ou trop haute, avec comme conséquence une aréole qui « déborde » du soutien !

La correction de ces malpositions engendrera malheureusement des cicatrices supplémentaires.

Comment se déroule une opération de réduction mammaire ?

Lors de la première consultation, il convient de bien analyser le problème au niveau des seins. Le volume de la poitrine est-il trop important ? La tombée des seins est-elle gênante ?

Récemment, l’INAMI a modifié les conditions pour obtenir une intervention de la mutuelle. La participation de la mutuelle dans les frais de réduction mammaire n’est acquise que si le chirurgien s’engage par écrit à enlever au minimum 400 g par sein ! Ce poids est important et correspond quasiment à deux paquets de beurre de 250 g. Si on estime que réséquer 400 g par sein est impossible ou complètement inesthétique, il faudra alors se diriger vers une mastopexie, comme expliquée au début, sans intervention de la mutuelle.

Le taille du futur bonnet B, C ou D (taille européenne) est décidée avec la patiente. Elle devra acheter un soutien avec ce bonnet et le périmètre sous mammaire habituel. Il ne doit pas présenter d’armatures métalliques qui pourraient blesser le sein opéré. Il faudra porter ce soutien directement après l’opération, jour et nuit pendant 6 semaines minimum.

Si la patiente a plus de quarante ans, une mammographie peut être utile, d’autant plus si la patiente a des antécédents familiaux.

La patiente sera vue par l’anesthésiste et une prise de sang sera réalisée quelques jours avant l’opération

Que ce soit la réduction mammaire ou la mastopexie, l’anesthésie générale est fortement conseillée. La durée de l’intervention chirurgicale varie d’une heure trente à trois heures. Cela dépend de l’importance de la résection et de l’expérience de l’opérateur.

Le plus souvent, la mastopexie est réalisée en hôpital de jour, alors que l’opération de réduction mammaire nécessite plutôt une hospitalisation d’une nuit.

L’utilisation de drains n’est pas systématique. Ils sont réservés aux réductions mammaires importantes.

La douleur post-opératoire est variable selon la sensibilité des patientes. Au début, des antalgiques seront prescrits mais ce n’est pas une intervention très douloureuse.

L’usage de pansements plastifiés autorise la prise d’une douche dès le lendemain. Des pansements seront appliqués au minimum pendant deux semaines. Des petits suintements peuvent apparaître au niveau de la partie inférieure des cicatrices. Ils seront alors traités par de l’iso-Bétadine. Il est conseillé d’éviter toute activité sportive pendant au moins un mois.

Pour juger du résultat définitif de l’opération il faut attendre sûrement six mois.

Vous avez encore des questions au sujet de la réduction mammaire ou de la mastopexie?

N’hésitez pas à m’envoyer un email avec vos questionsJ’y répondrai personnellement et ne manquerai pas de mettre cet article à jour.

Vous souhaitez évaluer votre cas? Prenez rdv en ligne pour une première consultation durant laquelle nous discuterons de vos envies.

Dr Jacques Duchateau
Docteur Jacques Duchateau - Chirurgien esthétique et plastique